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Mon cheminement vers le mouvement et des pratiques contemplatives
Un premier changement de voie professionnelle et un poste très prenant : le yoga devient rapidement un allié essentiel à mon bien-être physique et mental. Le Vinyasa me fait travailler structure, respiration, ancrage, équilibre et fluidité. Le Yin m’invite à ralentir, à écouter mes sensations et à relâcher en profondeur. Grâce à ce duo yin et yang, je découvre peu à peu une autre manière d’habiter mon corps et j’en perçois les répercussions dans ma vie — le yoga off the mat. À ce moment-là, je ne comprends pas encore les processus corporels à l’œuvre : je les ressens.
Je découvre des weekends intensifs de performance art et plonge dans un univers inconnu, qui m’attire et me fait flipper. Incroyable ! Ces ateliers ouvrent à leur tour le chemin de la danse — une envie de plus de fluidité et de liberté d’expression corporelle. En 2018, je pousse la porte du studio Noces à Micadanses : un stage mêlant mindfulness et danse marque un véritable tournant. J’expérimente très concrètement l’effet de la méditation sur mon quotidien — entre le studio le matin et le bureau l’après-midi. J’installe une pratique quotidienne, rejoins un groupe mensuel, puis m’engage dans un cycle MBSR, qui vient toucher tous les domaines de ma vie. Ma manière d’interagir évolue, l’écoute de mes sensations s’affine : plus de présence, de clarté, de patience. Et ce n’est que le début…
Un appel profond se dessine, me guidant de retraite en retraite. En silence, alternant assise et marche (Vipassana), ou mêlant méditation et yoga, souvent au contact de la nature. Elles deviennent des espaces de dépouillement où les repères habituels s’effacent, laissant place à une présence et une écoute plus subtiles. J’y apprends à ralentir, à laisser émerger ce qui demande à être vu, à laisser être, à m’appuyer et à faire partie de la présence soutenante du groupe dans un silence partagé. Des moments parfois difficiles, parfois joyeux, toujours profondément transformateurs. Je mesure la chance de recevoir les enseignements d’enseignant·e·s qui incarnent, avec leurs décennies de pratique, bienveillance, compassion et ouverture de cœur.
En 2019, je rencontre la danse libre. Après la période Covid, je m’immerge pleinement dans cette pratique et participe à de nombreux stages, en ville et en résidentiel, et rencontre des facilitateur·trices de différents univers et cultures. La danse devient une voie d’exploration, de libération, de transformation, et parfois de guérison. Peu à peu, je me libère de couches de conditionnement et rentre dans ma maison corps. Je découvre plus d’espace, d’aisance et d’amplitude dans mes gestes et je découvre aussi le plaisir du mouvement, la joie et la créativité. La danse comme rencontre avec soi, avec l’autre et avec le monde.
Un dialogue se tisse alors entre mouvement, méditation et accompagnement thérapeutique. Ce que je comprends en mots s’intègre ou se libère dans le mouvement, et ce qui se vit dans le corps vient parfois s’éclairer dans l’espace thérapeutique. Un aller-retour vivant, qui permet d’ancrer les prises de conscience. Ce chemin me mène naturellement vers la danse-thérapie, où je découvre une approche qui me parle profondément et ouvre encore d’autres voies d’explorations somatiques. La structuration psychocorporelle m’apporte des bases à la fois structurantes et sécurisantes, qui soutiennent l’émergence de l’expressivité.
Plus une semaine ne passe sans que je danse, que je me pose sur un tapis de yoga, que je prenne du temps en musique et en silence. Ma pratique se tisse entre l’intime et des espaces collectifs — cours, stages, retraites, groupes de méditation. La transformation s’opère souvent dans l’interconnexion et la rencontre, nourrie par la relation, le partage, ce que l’autre vient révéler de nous, et par l’intelligence, parfois invisible, du groupe.
Un cheminement personnel et professionnel
En parallèle des pratiques corporelles, l’envie de me connaître, de comprendre mes modes de fonctionnement, de traverser et transformer certaines blessures, m’amène vers différents espaces d’accompagnement : psychothérapie jungienne, travail psychocorporel, thérapie maïeutique, coaching, médecines douces… Une véritable rencontre avec moi-même : tout passe par le corps, ce corps qui sait, qui parle et peut être entendu. Mon chemin est l’alliance de la mise en mouvement, de la mise en mots et de la prise de conscience : la (re)connexion corps-cœur-esprit-âme. Ce retour dans ma maison corps – ou le corps dans sa globalité – devient ma boussole pour mieux être, interagir et avancer avec toujours plus de conscience. Le chemin de toute une vie…
Petit à petit, ce tissage de pratiques corporelles et d’espaces d’accompagnement m’amène naturellement à me former. En 2019, je m’inscris dans une formation de Vinyasa avec EFV, puis en 2020 je poursuis avec le Yin Yoga avec Bernie Clark. Je traverse la période Covid en étant en formation — à la fois un grand soutien et un vrai défi, qui m’amène notamment à apprendre à transmettre en ligne. La même année, j’intègre la formation MBSR avec l’IMA, que je clôture en 2023. J’entre ensuite dans une première formation en danse libre et intuitive, qui ouvre la voie à deux formations dans l’accompagnement par le mouvement. En 2026, je finalise trois parcours parallèles : la danse-thérapie et structuration psychocorporelle avec l’IRPECOR, le Programme Ressources® – Dance Who You Are® et cinq modules en psychologie et initiation à la psychanalyse avec la Faculté Libre. Depuis fin 2022, je continue un travail régulier avec Emma Roberts, Shaping the Invisible.
Dans ma vie professionnelle dans la culture, j’avais fait un premier changement radical juste avant mes 30 ans ; un second s’opère autour de mes 40 ans. Ni l’un ni l’autre ne sont des élans impulsifs, mais le fruit de traversées, de prises de conscience et de messages forts du corps. Mon esprit rationnel aurait sans doute choisi la stabilité. Également accompagnée par un bilan de compétences avec création de projet durant cette période, j’ancre la confiance nécessaire pour poursuivre cette voie qui s’est imposée à moi comme un appel : transmettre et accompagner avec des pratiques somatiques et psychocorporelles.
Ma reconversion professionnelle naît de dix années de cheminement personnel avec une profonde gratitude pour les enseignements reçus et les enseignant·e·s qui m’accompagnent aujourd’hui, ainsi que les collègues de formation et ami·e·s de chemin. Depuis le début, j’ai la chance de pratiquer avec des enseignant·e·s anglophones et francophones, de m’imprégner de chaque pratique dans les deux langues, et de sentir qu’elles descendent parfois différemment dans le corps. Cela continue de me passionner : les mots qui parlent au corps.
Aujourd’hui, j’ai à cœur de transmettre des pratiques qui ont profondément transformé et éclairé ma vie, et d’accompagner les personnes qui viennent à moi dans un cadre sécure et bienveillant, en français comme en anglais.
